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J'ai peur de l'eau !

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Sentir l’eau porter le corps

Ensuite, l’accompagnement comprend plusieurs étapes successives. Au premier plan, il s’agit de créer un contexte dans lequel les personnes vont se sentir accueillies. Il s’agit vraiment de respecter le rythme et les émotions de chacune. L’objectif étant d’accéder facilement à un climat de détente et de confiance vraiment indispensable pour aborder l’eau. « Depuis 25 ans que nous avons créé cette méthode et que nous animons ces séances et ces stages, nous avons réalisé qu’une personne est vraiment bien dans l’eau uniquement le jour où elle est sûre et certaine de ne pas tomber au fond et de mourir. Pour cela, il est nécessaire de lui permettre de sentir que l’eau la porte. Autrement dit de sentir la fameuse poussée d’Archimède. Souvent, les personnes comprennent généralement bien les explications autour de cette notion sans l’avoir réellement expérimentée », précise notre spécialiste. Une fois ce contexte bien mis en place, les personnes ont l’esprit apaisé. Pour le personnel encadrant, il est indispensable d’être dans l’eau en permanence avec elles pour pouvoir les sécuriser au maximum. Il s’agit de leur montrer la démarche à adopter et des les aider à la réaliser. « Nous sommes là pour prendre par la main les personnes en surpoids qui ont le sentiment qu’elles perdent pied et qu’elles vont être totalement déséquilibrées. Sans notre présence, elles vont avoir beaucoup de mal à démarrer l’activité. D’où l’intérêt de leur montrer de quelle façon l’eau peut les porter et les faire flotter en toute sécurité », prévient notre intervenant.
 
 
Les étapes

Il est primordial de bien suivre une chronologie dans les acquisitions. « Si la chronologie n’est pas respectée, les personnes ont tendance à se retrouver dans une impasse. Elles ne parviennent plus à progresser et se laissent alors submerger par leurs émotions négatives (peur, anxiété, stress…). Et c’est ce qui nous a d’ailleurs permis d’expliquer pourquoi tant de personnes qui avaient réussi des tas de choses dans leur existence - parfois plus complexes que le fait d’apprendre à nager - butaient sur cet apprentissage », rappelle Jean-Pierre Boumati.« Tant que l’apprĂ©hension existe, il est impensable de vouloir apprendre Ă  nager Ă  une personne qui a peur de l’eau » Première étape : il s’agit de régler le problème de l’immersion. C’est-à-dire de permettre aux personnes d’avoir vraiment du plaisir à mettre le visage sous l’eau. Sinon, si elles s’allongent à la surface de l’eau, elles risquent de sortir les épaules et la tête le plus possible hors de l’eau. Du coup, elles ne sont plus en mesure de flotter et de percevoir que l’eau les porte. Bien souvent, elles se font mal à la nuque. Et dans un tel contexte, elles vont se convaincre qu’à un moment ou à un autre, l’eau va rentrer par leur nez et leur bouche et les étouffer. « Tant que nous n’avons pas retiré le poids de cette appréhension là, il est absolument impensable de vouloir leur apprendre à nager, met en évidence notre spécialiste. Il appartient au personnel encadrant de les aider à être à l’aise le visage sous l’eau ». Une fois cette première étape franchie, il est essentiel de permettre à ces personnes de pouvoir s’allonger sur l’eau et surtout de se redresser. « Nous nous sommes notamment rendus compte que 95 % des personnes qui craignaient de s’étendre à la surface de l’eau étaient celles qui se faisaient peur au moment de reprendre la position verticale. Tout simplement parce qu’elles n’y arrivaient pas et qu’elles buvaient la tasse. Du coup, notre priorité est d’être dans l’eau à leurs côtés pour leur montrer la démarche à adopter afin qu’elles puissent se redresser en toute sécurité », ajoute notre intervenant. La troisième étape consiste enfin à permettre aux personnes une fois qu’elles savent s’allonger et se redresser, de sentir que l’eau les porte sans qu’elles soient en mouvement. Pour démontrer cela, il s’agit de se mettre sur le ventre, le visage dans l’eau, les jambes écartées (corps en étoile) et de relâcher toutes les articulations et les fibres musculaires. Une fois cette dernière étape franchie en toute confiance, il est désormais possible d’envisager l’apprentissage d’une technique de nage pour évoluer comme un poisson dans l’eau !